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L'interview : Apholia

par Mélissa A.

Reportages Publié le 04/12/2019

Vendredi, Apholia présentera son nouvel album "Slide Projector" lors de la TACK#30. À cette occasion, Mélissa s'est entretenue avec lui et lui a posé quelques questions sur ce nouvel album à venir.

Présentation express, ton parcours avant ce projet solo ?

Originaire de Chartres, je suis arrivé à 18 ans à Tours pour des études de musicologie. Je suis à la base guitariste mais j’ai souhaité approfondir le piano et un tas de connaissances sur la construction de la musique. J’ai eu mes premiers groupes à 15 ans, notamment Clipper Ship avec qui j’ai sorti un EP au bout de 5 ans puis l’envie d’évoluer seul après le split du groupe n’a été que la suite logique. J’ai également passé 2 ans à Jazz à Tours pour me spécialiser en tant que guitariste.

Pourquoi le nom Apholia ?

C’est un pseudo que j’utilisais dans mes projets solo extérieurs au groupe, période étudiante à l’époque, et c’est aussi l’anagramme de mon nom (Florian PIGA).

Quelle différence entre jouer solo ou en groupe ?

Le groupe c’est une belle expérience mais les idées sont dans les mains de tous. Composer en solitaire permet une meilleure expression, sans aucune limite, et permet de tester ses capacités et d’aller au-delà de ses retranchements. Finalement, avec Apholia et donc seul, je n’ai jamais été aussi bien entouré qu’avec un groupe. On peut aller puiser des compétences un peu partout et toujours sans restriction ni ligne directrice, ce qui est assez paradoxale.

Projet solo mais sur scène tu es accompagné, peux-tu nous présenter ton live band ?

J’ai commencé l’enregistrement du single Slide Projector seul dans le studio avec Gaylord Collin à la batterie. Je faisais à la fois le chant, le synthé, la guitare, la basse…puis j’ai été accompagné pour l’enregistrement de l’album dans le studio 404 de Blois par d’autres musiciens qui font partie également de la tournée et donc présents depuis un an. Il y a toujours Gaylord à la batterie, Thomas Jones rencontré à Jazz à Tours et Louis Reviron un ami. Le choix de ce live band c’est avant tout pour donner vie à l’album sur scène, le coté live m’importe beaucoup et donner du relief à un album est très important, je ne vois pas l’intérêt de rejouer note pour note l’album. Jouer sur scène c’est donner de l’énergie et il fallait donc cette formation et pas seulement moi sur scène.

Et vendredi au Temps Machine tu joueras l’intégralité de ton album ou avec quelques covers ?

Non que l’album sauf le titre d’intro mais l’album dans sa globalité, je n’aime pas vraiment les reprises, ce n’est pas mon truc

Apholia c’est plus qu’un chemin en solitaire, c’est une aventure conceptuelle avec un gout certain de l’esthétisme, peux-tu nous en dire plus à ce sujet ? Notamment nous décrire la photo promo très réussie ?

Je suis passionné par la photo, la peinture et le cinéma.

Oui ça se ressent dans ton clip d’ailleurs...

Oui, il a été réalisé par Brice Vincent et justement comme tu l’as dit, c’est un vrai projet avec une réflexion sur l’ensemble. Slide Projector raconte l’histoire d’une personne qui s’enferme dans ses souvenirs et la photo promo dont tu parles, prise par Aurore Gentilhomme, reprend ce thème et y fait vraiment écho, à la fois avec le miroir dans mon dos, les pochettes du single par Léo Violet qui d’ailleurs, le soir du concert, exposera certains de ses graphismes, et de l’album par Jean-Pascal Jauzenque, ou encore un tableau d’une personne triste et pensive ou Jeff Buckley que j’aime beaucoup. L’ensemble a été travaillé afin de créer un monde autour de cette personne et qui reflète sa personnalité.

Quel regard portes tu sur la scène locale ?

Très riche ! Beaucoup de bars avec des organisations de concerts un peu partout, arrivant de Chartres c’était marquant mais il y a aussi beaucoup de groupes qui ne savent pas où se tourner. Quand on arrive faut pas hésiter à frapper à toutes les portes.

Quel regard sur la surmédiatisation de styles musicaux comme le rap ou la chanson française au détriment souvent du rock ou d’autres niches musicales ?

Il y a encore de l’engouement pour le rock, y’a juste à voir le festival Hellfest, il y a un regain, une scène montante avec encore des jeunes de 17 ans. Quand je regarde les personnes dans le public, je suis content de voir que tous les âges sont encore représentés. Le problème c’est qu’aujourd’hui tout devient une niche, avec un accès énorme pour tout ce qu’on veut, partout, tout le temps, la radio n’est plus le seul vecteur. Ce qui marche c’est que ce qu’on veut voir, les gros médias phagocytent pas mal, mais il y a encore un public amateur et bien ancré.

Ton ressenti en tant que jeune artiste ? Les portes sont-elles difficiles à ouvrir ?

Depuis 7 ans ici, et donc avec un peu de recul, les démarchages à de nombreux concerts ou les assos sont présentes sont indispensables, sans les assos ce serait compliqué. Les musiciens entre eux sont très ouverts et le turn over d’étudiants à Tours avec la multitude de structures culturelles permet une richesse et un accès à bien plus qu’on pourrait le croire, il faut juste y aller !

Tu as de nombreuses influences, comment ces dernières se ressentent dans tes créations ?

Mon oncle est fan d’Aerosmith, il m’a fait découvrir cette culture et je joue depuis que j’ai 10 ans, puis à la fac j’ai découvert la musique classique, sans parler de Jazz à Tours qui a encore multiplié mes connaissances. Ce gros pot-pourri m’a permis de retranscrire tout ce que j’avais au fond mais je n’aurais pas pu le faire si ne je n’étais pas seul à composer. Des influences pures je suis parti dans un style alternatif bien que je n'aime pas les cases, mais avec l’utilisation d’instruments de la renaissance et des guitares, on peut parler de rock alternatif. J’assume ce style et ma musique car j’y crois c’est le plus important, je préfère ouvrir les portes et ressortir une explosion des sens.

Le single est sorti en avril 2018, quant à l’album ?

Il devrait sortir début 2020 sur les plateformes de streaming ou en CD sur Bandcamp. Dommage pour le format vinyle bien plus onéreux car l’album a été conçu avec une face A et une face B.

Combien de temps as-tu mis pour le composer ?

J’ai ouvert mon carnet le 27 février 2017 jusqu’à l’été 2018. Le problème d’être en solo c’est qu’on est trop libre de composer et ça part dans tous les sens.

Es-tu satisfait du résultat, c’est ce que tu souhaitais retranscrire ?

Carrément fier de l’album, c’est un très bon reflet de ce que je voulais faire.

T’es autodidacte avec une multitude d’instruments, comment tu composes ?

Ça dépend. Les Musiques viennent avant et les paroles ensuite ou parfois je pars d’un mot clé et tout se greffe autour. Pour Slide Projector, j’ai tout composé en même temps.

Les projets à venir ?

Déjà la sortie de l’album puis une tournée et j’ai commencé à composer pour un nouvel album.

Comment appréhendes-tu la soirée TACKT ?

J’ai de l’appréhension forcément, c’est l’aboutissement de 2 ans de travail donc se dévoiler sur scène c’est toujours un peu stressant et jouer au Temps Machine c’est le rêve de tout tourangeau, ce sera ma première fois ici en solo. La scénographie a été travaillée avec Téléscope, j’espère que le rendu sera au rendez-vous, je mets l’accent sur le live plus que sur l’album studio.

Petite fiche d’identité :
" Je réponds aujourd’hui, mais demain ça pourra être différent mais je me lance :

1 livre : Le Journal d’Anne Frank, c’est une grande ligne directive de l’album, il y a plusieurs références dedans comme ce « chère Kitty » qui est son journal intime et seul ami. Une des phrases que j’aime vraiment c’est « le papier ne juge pas » donc on peut tout lui dire, sans peur on dit tout.
1 album : Get A grip d’Aerosmith, tu me reposes la question demain ce sera différent comme un Björk ou un Guns N’Roses. Petit j’écoutais Welcome to the jungle et je croyais que la sirène du début c’était vraiment une sirène et pas une voix, ça m’a marqué. Bref c’est con [rires].
1 film : Edward aux mains d’argent. Ce film est un focus sur la solitude et l’incompréhension du monde qui nous entoure. On subit notre présence sur Terre et faut faire avec du mieux qu’on peut.
1 lieu à Tours : le Canadian café pour le côté souvenir, c’était mon premier concert, sinon La belle époque pour prendre un verre en plus l’équipe est top.
1 concert : Green Day, ce genre de spectacle avec un light show à l’Américaine tout comme le 360° de U2. Par contre dans un autre registre et plus récemment, le groupe It It Anita de passage au Temps Machine était une belle découverte."

Merci à Florian pour le temps accordé à cet échange alors qu’un gratin l’attendait dans le four !